Le Rat’s : quand le rock et le métal faisaient vibrer Puget

Pendant deux ans, de 2015 à 2017, Puget-sur-Argens a accueilli une salle de concert pas tout à fait comme les autres. Installé boulevard de l’Industrie, le Rat’s était entièrement consacré au rock, au hard rock et au métal.

Derrière ce projet, un passionné : Eric Devillers, qui avait depuis longtemps l’idée de créer un lieu dédié à ces musiques. Après un premier projet imaginé dès 2006 mais qui n’avait pas abouti, l’occasion se présente finalement à Puget-sur-Argens.

Deux années de démarches et de travaux seront nécessaires pour transformer le local en véritable salle de concert. Le Rat’s dispose alors d’une scène de 45 m² et peut accueillir jusqu’à 300 personnes.

Le nom « Rat’s » fait référence à une autre passion d’Eric, les voitures américaines et le style rat rod, qui consiste notamment à donner volontairement aux véhicules un aspect ancien et rouillé.

Après l’inauguration en septembre 2015, le premier concert est donné le 19 septembre avec No Return.

Deux années de folie

Avec une capacité de 300 personnes, le Rat’s pourrait sembler être une petite salle. Mais Eric tient à rappeler que sa programmation était loin d’être limitée : certaines semaines, trois concerts pouvaient être organisés, le vendredi, le samedi et même le dimanche. (Voir toute la programmation)

La programmation attire rapidement des groupes français et internationaux : No Return, Black Bomb A, Dagoba, The Arrs, Pain of Salvation, Fleshgod Apocalypse, Death Angel, Havok, Jinjer, Ladies Ballbreaker ou encore Nervosa font notamment partie des artistes passés par le Rat’s.

La salle accueille également des événements liés à la culture rock et métal, comme des salons du tatouage, des projections ou des manifestations autour des motos et voitures. Parmi les souvenirs conservés dans les archives figure également Hyphen Hyphen, le groupe niçois dont faisait alors partie la chanteuse Santa.

(Eric Deviller en compagnie de la chanteuse SANTA)

À cette époque, elle est encore principalement connue comme la chanteuse du groupe. Quelques années plus tard, Santa connaîtra une carrière solo et deviendra l’artiste que l’on connaît aujourd’hui.

Une petite salle de Puget aura donc vu passer, avant qu’elle n’accède à la notoriété nationale, une artiste aujourd’hui bien connue du grand public.

Une grande famille

Pour Eric, le Rat’s n’était pas seulement une salle de concert : c’était aussi une communauté. Les spectateurs pouvaient venir de très loin, notamment lorsque certains groupes ne donnaient qu’une seule date en France… et que celle-ci avait lieu au Rat’s. Au fil des concerts, habitués et nouveaux venus ont fini par former un véritable groupe de copains, presque une famille, avec une ambiance particulièrement conviviale.

Eric garde d’ailleurs un souvenir très fort de cette atmosphère : sur les 147 concerts organisés au Rat’s, aucun problème de sécurité n’a été à déplorer. Une belle illustration de l’esprit qui régnait dans cette petite salle où, malgré les décibels, la convivialité était toujours au rendez-vous.

Le Rat’s à l’Espace culturel Victor Hugo

Le Rat’s ne se limitait d’ailleurs pas à sa propre salle.

Pour certains concerts nécessitant une jauge plus importante, l’équipe investissait également l’Espace culturel Victor Hugo. Parmi les affiches conservées figurent notamment Trust (qui a atteint la jauge maximum de la salle aux alentours de 1000 spectateurs).

(L’Espace culturel Victor Hugo a fait salle comble pour TRUST)

Cette activité permettait au Rat’s de proposer des concerts dépassant les capacités de sa salle du boulevard de l’Industrie et de faire venir à Puget des artistes d’une plus grande notoriété.

Le projet Rat’s 2.0

Le 19 août 2017, le groupe Nervosa donne finalement le dernier concert du Rat’s. À l’époque, la fermeture est annoncée comme provisoire : le Rat’s 1.0 doit fermer ses portes après 147 concerts pour mieux rouvrir quelques mois plus tard. « On a passé 2 ans de folie », peut-on lire dans les archives de l’époque.

Mais la suite ne se passera pas comme prévu.

Eric imagine alors un nouveau Rat’s, beaucoup plus ambitieux. Le projet doit prendre place sur un terrain situé à cheval entre Puget-sur-Argens et Fréjus.

Le concept est spectaculaire : un bâtiment métallique à l’aspect volontairement rouillé, inspiré de l’univers du Rat’s, avec une salle de spectacle de 600 personnes, mais aussi un restaurant et des boutiques.

Ce bâtiment devait représenter un cargo (90m de long, 20m de large et 9m de haut) militarisé et coulé pendant la 4ème Guerre Mondiale et dans lequel une poignée de survivants a décidé de s’installer et de faire, à partir d’un engin de mort, un lieu de vie pour l’humanité renaissante…

(La maquette du projet Rat’s 2.0 qui ne verra jamais le jour)

Mais un problème inattendu va compromettre le projet : la présence d’un pont romain situé à moins de 500 mètres du terrain entraîne des contraintes liées au patrimoine. La surface disponible ne permet alors plus de réaliser le parking nécessaire à la jauge envisagée.

Le projet du bâtiment en forme de bateau est donc abandonné.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là…

En 2019, Eric relance le projet sur un autre terrain.

Cette fois, les choses semblent pouvoir avancer. Mais le Covid arrive et met brutalement un terme à l’aventure. Les investisseurs abandonnent finalement le projet et le Rat’s 2.0 disparaît à son tour.

Aujourd’hui encore, Eric n’exclut pourtant pas complètement de faire renaître un jour cette idée même si cela reste compliqué, mais les plans sont toujours dans ses tiroirs !!! Il avoue avoir également d’autres projets en tête, peut-être que l’un d’eux verra bientôt le jour…

Et le Rat’s n’est d’ailleurs pas totalement absent de sa vie : la plaque du bar de la salle (ci-dessous) trône désormais… dans son salon, transformée en objet de décoration.

Une façon peut-être de conserver un petit morceau de cette aventure qui, pendant deux ans, aura fait résonner le rock et le métal à Puget-sur-Argens.

Le Rat’s n’aura finalement vécu que deux ans. Mais pour ceux qui y ont assisté à un concert, ces deux années auront laissé beaucoup plus qu’un souvenir.

Pour aller plus loin…

Vous pouvez retrouver toute l’histoire du Rat’s sur sa page Facebook qui n’a jamais été supprimée :

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