Bien avant les voitures, les routes romaines structuraient déjà le territoire. Pour guider les voyageurs, les Romains installaient le long de leurs voies des bornes milliaires, sortes de panneaux routiers en pierre placés tous les mille romains, soit environ 1,5 kilomètre.
Ces colonnes indiquaient les distances, les directions et parfois le nom de l’empereur ayant fait aménager la route. Elles étaient aussi un symbole de puissance : partout dans l’Empire, Rome imposait son réseau routier.
La présence de plusieurs bornes milliaires découvertes sur la commune de Puget-sur-Argens confirme l’importance du secteur durant l’Antiquité. Celle visible dans l’église est l’un des rares témoins encore accessibles au public.
Eglise Saint-Jacques-le-Majeur : Borne Milliaire
Peu de visiteurs le savent : au cœur même de l’église paroissiale se cache un véritable vestige de l’Empire romain. La borne conservée aujourd’hui dans l’église de Puget-sur-Argens appartenait à la Via Aurelia, aussi appelée Voie Aurélienne, l’une des grandes routes antiques reliant Rome au sud de la Gaule.

À première vue, rien ne distingue cette pierre des autres éléments anciens de l’église. Pourtant, elle est sans doute le plus vieux témoin de l’histoire du village. Discrète, presque silencieuse, cette borne milliaire romaine traverse les siècles depuis près de 2 000 ans (datable entre le Ier et le IIIᵉ siècle après J-C). Elle porte l’inscription “César Augustus .IMP. Tribunicia Potestate XI”.
Le lieu exact où se dressait autrefois la borne demeure inconnu aujourd’hui. Les historiens s’accordent toutefois à la situer le long du tracé de l’ancienne Via Aurelia qui traversait la vallée de l’Argens, probablement à proximité de l’actuel axe historique reliant Fréjus au centre ancien de Puget-sur-Argens.
Au fil des siècles, la borne antique a été réutilisée comme fonts baptismaux dans l’église Saint-Jacques-le-Majeur. Un réemploi fréquent en Provence, où les matériaux antiques ont souvent servi à construire ou embellir les édifices médiévaux et religieux.
Pour la trouver, il vous suffit d’entrer dans l’église et de vous diriger immédiatement à gauche.
Domaine des Escaravatiers : Stèle de Caius Novellius
La présence romaine à Puget-sur-Argens ne se limite pas à la célèbre borne milliaire conservée dans l’église.Une autre découverte archéologique majeure a été découverte en 1968 au lieu-dit des Escaravatiers. Il s’agit d’une plaque funéraire en marbre datée de la première moitié du 1er siècle après J-C. Elle constitue l’un des plus anciens témoignages écrits retrouvés sur la commune.


À travers cette inscription funéraire apparaît le nom d’un homme ayant vécu à l’époque où la Via Aurelia traversait la vallée de l’Argens.
Bien que l’on connaisse encore peu de détails sur sa vie, Caius Novellius est aujourd’hui l’un des rares habitants de la région dont le nom nous soit parvenu directement depuis l’Antiquité.
Son épitaphe rappelle que derrière les routes, les bornes et les monuments romains se trouvaient avant tout des hommes et des femmes qui vivaient, travaillaient et mouraient sur ce territoire il y a près de deux millénaires.
La stèle, découverte aux Escaravatiers, confirme également l’existence d’une occupation gallo-romaine structurée autour de Puget-sur-Argens, alors situé dans l’orbite de la prospère cité de Forum Julii, l’actuelle Fréjus.
Cette stèle n’est pas visible pour le public car elle se trouve aujourd’hui dans la propriété privée du Mas des Escaravatiers. Elle a également servi de logo à la cave du Domaine des Escaravatiers.











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