Il y a quelques années, en plein cœur du village, une petite boutique attirait l’attention des passants par son caractère authentique. Située au 59 rue Général de Gaulle, face à l’Office de Tourisme (de l’époque), « Puget Cordonnerie » était l’atelier de Jean Daniele, cordonnier installé à Puget-sur-Argens depuis de nombreuses années.
En août 2009, nous étions allés à sa rencontre pour découvrir son métier, mais aussi une véritable passion pour le travail artisanal.
Un cordonnier installé à Puget durant plus de vingt ans
Originaire de Fréjus, Jean Daniele s’était installé à Puget après avoir obtenu son CAP de cordonnier et travaillé dans plusieurs villes de France.
En 2009, il exerçait son métier à Puget depuis environ vingt ans. Son activité ne se limitait pas à la réparation de chaussures. Il réalisait également des travaux de maroquinerie, des harnachements pour chevaux et même des doubles de clés.
Mais sa spécialité était sans doute la plus originale : la fabrication traditionnelle de mules et de tropéziennes sur mesure.
Le principe était simple : le client entrait dans la boutique, Jean prenait les mesures de ses pieds, puis il lui faisait choisir son modèle. Quelques jours plus tard, la paire était prête.

Des tropéziennes fabriquées sur mesure
À une époque où les produits fabriqués en série étaient déjà largement présents dans les commerces, Jean Daniele continuait à travailler de manière traditionnelle.
Ses tropéziennes étaient réalisées à la demande et adaptées à chaque client. Ce savoir-faire attirait naturellement les Pugétois, mais également de nombreux vacanciers.
Certains profitaient de leur passage dans la région pour déposer une paire de chaussures à réparer. D’autres venaient spécialement pour commander leurs tropéziennes, devenues au fil des années l’une des spécialités de la boutique.
Un atelier hors du temps
Ce qui frappait également lorsqu’on poussait la porte de la cordonnerie, c’était son ambiance.
Jean travaillait sur de superbes machines anciennes, qu’il entretenait et réparait lui-même. Ces machines faisaient partie intégrante de son atelier et témoignaient d’une manière de travailler où le geste, l’expérience et le savoir-faire avaient encore toute leur place.

La boutique était ainsi bien plus qu’un simple commerce de réparation : c’était l’atelier d’un artisan passionné, attaché à la qualité de son travail et aux techniques traditionnelles.
En 2009, Jean nous confiait d’ailleurs qu’il aurait normalement déjà dû être à la retraite, mais qu’il souhaitait encore poursuivre son activité pendant environ cinq ans. Finalement, il continuera son métier plus longtemps que prévu : la Puget Cordonnerie était encore référencée dans le guide touristique de Puget-sur-Argens en 2016, son activité s’arrêta en 2018.
Une boutique qui appartient désormais aux souvenirs
Aujourd’hui, la Puget Cordonnerie n’existe plus et la boutique de la rue Général de Gaulle a disparu du paysage commercial du village.
Il reste cependant les souvenirs, les photos et les témoignages de cette époque où l’on pouvait encore pousser la porte d’un atelier pour faire réparer ses chaussures, commander une paire de tropéziennes fabriquées spécialement pour soi ou simplement observer un artisan travailler sur ses anciennes machines.


En 2009, nous avions terminé notre article en espérant qu’une relève puisse un jour prendre la suite de Jean, car, écrivions-nous alors, « nous avons besoin de personnes passionnées comme Jean Daniele ».
Plus de quinze ans plus tard, ces anciennes photographies nous permettent de faire revivre, le temps d’un article, la boutique et le savoir-faire d’un artisan qui a longtemps fait partie de la vie du centre de Puget-sur-Argens.







Procureur Philippe
Merci pour ce retour vers un passé méconnu ou simplement oublié et la valorisation d’un artisan passionné par son métier manuel.