L’eau, source de vie et d’histoire à Puget

Aujourd’hui, l’eau potable fait tellement partie de notre quotidien qu’il est difficile d’imaginer les difficultés auxquelles étaient confrontés les habitants de Puget-sur-Argens il y a seulement quelques générations.

Pourtant, pendant des siècles, l’approvisionnement en eau fut l’une des principales préoccupations de la commune. De l’arrivée des eaux de la Siagnole à aujourd’hui, cette histoire raconte aussi le développement du village.

Un village presque sans eau

Au début du XVIIIe siècle, la situation est particulièrement difficile. Dans leur rapport du 22 octobre 1728, les enquêteurs d’affouagement décrivent un village de 92 maisons et 191 chefs de famille, bâti sur son promontoire rocheux, mais dépourvu de fontaine et de puits à l’intérieur de l’enceinte.

Deux points d’eau seulement existent à l’extérieur du village. Leur débit est irrégulier et ils s’assèchent pendant l’été. Pour les habitants, aller chercher l’eau représente alors une tâche quotidienne indispensable mais pénible.

Face à ces difficultés, les Pugétois s’appuient au fil du temps sur plusieurs puits aménagés dans le village. Au début du XXe siècle, quatre puits sont encore recensés dans le centre ancien : rue Gabriel-Péri, place du 8 Mai, place Pierre-Curie et à l’angle des rues du Château et Frédéric-Mistral. Ces ouvrages constituent pendant longtemps des ressources précieuses pour la population, même si leur capacité reste insuffisante pour répondre durablement aux besoins d’une commune en développement.

(Carte postale ancienne, colorisée par IA)

Durant tout le XIXe siècle, les élus cherchent donc une solution pérenne. À l’origine, les projets d’adduction visent essentiellement à alimenter les bâtiments publics : la mairie, l’école, la fontaine et le futur lavoir communal. Les habitations privées ne sont pas encore concernées.

La solution de la Siagnole

Pendant ce temps, la ville voisine de Saint-Raphaël connaît un fort développement. Son maire, Félix Martin, étudie plusieurs possibilités pour assurer l’approvisionnement en eau : captage de la nappe de Valescure, exploitation de sources de l’Estérel ou construction d’un barrage.

Aucune de ces solutions ne se révèle satisfaisante. La décision est finalement prise de capter les eaux de la Siagnole, comme l’avaient fait les Romains près de deux mille ans auparavant pour alimenter Forum Julii.

Les travaux sont considérables mais rapidement menés. En moins de deux ans, les eaux de la Siagnole atteignent le littoral varois. À partir de 1894, Puget-sur-Argens peut à son tour bénéficier de cette ressource précieuse. Une conduite relie alors le bassin des Évêques, à Fréjus, au réservoir communal situé sur les hauteurs du village. Installé sur la colline Saint-Sébastien, ce réservoir peut stocker jusqu’à 75 m³ d’eau.

Cinq bornes-fontaines sont réparties dans l’agglomération afin de desservir l’ensemble des habitants. Pour la première fois de son histoire, le village dispose d’un approvisionnement régulier en eau potable.

1895 : une fontaine pour célébrer l’arrivée de l’eau

L’arrivée de l’eau constitue un événement majeur pour la population. Afin de marquer cette avancée historique, une fontaine monumentale est inaugurée le 29 juillet 1895.

Édifiée sur la place du village et ornée d’une statue représentant « L’Automne », elle devient rapidement l’un des symboles de Puget-sur-Argens. Cette fontaine célèbre à la fois le progrès technique et la fin d’un problème qui avait pesé sur plusieurs générations d’habitants.

Aujourd’hui encore, elle rappelle l’importance de cette date dans l’histoire communale.

1904 : le lavoir, un nouvel équipement pour les habitants

L’arrivée de l’eau permet également la création de nouveaux équipements publics. En 1904, la commune construit le lavoir des Bouchonnières alimenté par le réseau de la Siagnole.

Au-delà de sa fonction pratique, le lavoir devient rapidement un lieu de rencontre et d’échange. Pendant des décennies, il fait partie intégrante de la vie quotidienne du village. Les habitants s’y retrouvent pour laver le linge, discuter et partager les nouvelles de la commune.

Comme les fontaines publiques, le lavoir témoigne des transformations apportées par la maîtrise de l’eau au début du XXe siècle.

Il a été entièrement rénové en juillet 2025.

1960 : le temps du château d’eau

Avec l’après-guerre, Puget-sur-Argens connaît une croissance démographique importante. Les infrastructures héritées de la fin du XIXe siècle doivent être modernisées afin de répondre à des besoins toujours plus importants.

Les travaux du château d’eau débutent en 1960 au lieu-dit « Sur Château », à l’emplacement de l’ancien oratoire qui dominait le village. Cet ouvrage moderne permet d’augmenter les capacités de stockage et d’améliorer la distribution de l’eau dans l’ensemble de la commune.

Son inauguration a lieu le 20 septembre 1961. Il devient alors un élément essentiel du réseau communal et accompagne le développement urbain des décennies suivantes.

Le château d’eau a été entièrement rénové en juillet 2022 et son sommet réaménagé : il représente désormais un véritable balcon sur les alentours. Plusieurs tables d’information ont été installées et le site est également équipé d’une Webcam Live.

2026 : et Aujourd’hui ???

Aujourd’hui, l’alimentation en eau potable de Puget-sur-Argens repose principalement sur l’usine de production d’eau du Muy, qui dessert également Fréjus, Saint-Raphaël, Roquebrune-sur-Argens.

Cette usine mobilise plusieurs ressources complémentaires : les forages du Couloubrier et du Rabinon, les eaux de l’Argens, ainsi qu’un apport sécurisé provenant du Canal de Provence via la liaison Verdon–Saint-Cassien.

Cette diversification des ressources permet de garantir l’approvisionnement du territoire, notamment en période estivale où la population augmente fortement. L’eau est ensuite traitée puis distribuée à l’ensemble des habitants par le réseau public d’eau potable.

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